laboratoires innovilab sud : une mobilisation locale dans un conflit national durci

Union Locale CGT de Lunel Isabelle Lamrous et Alain Bodet - Photo - Lise Florès
Union Locale CGT de Lunel Isabelle Lamrous et Alain Bodet - Photo - Lise Florès

Laboratoires Innovilab Sud. À Lunel, Isabelle Lamrous, représentante syndicale, a appellé à la mobilisation ce 4 mai, dans un climat social qui se tend. Au cœur du conflit : des salaires figés depuis janvier 2024, malgré des négociations restées sans issue. Les syndicats dénoncent une situation « intenable », dans un contexte d’inflation persistante.

Mais la contestation dépasse la seule question salariale. Conditions de travail dégradées, engagements non tenus après une expertise sur les risques graves remise en décembre 2024 : la défiance s’installe durablement.

Une grève générale à l’échelle nationale

Le mouvement local s’inscrit dans un appel national à la « grève générale » des salariés non médicaux des laboratoires de biologie médicale de ville. Dans un communiqué du 15 avril 2026, la FNIC-CGT confirme un appel intersyndical « sur l’ensemble du territoire » à partir du 4 mai.

Les organisations dénoncent « la destruction du service aux patients, des conditions de travail et des salaires de misère » dans les laboratoires extra-hospitaliers.

Selon la FNIC-CGT, « les trois quarts des salariés […] sont payés au smic ou juste au-dessus ». Une stagnation salariale qui s’explique, selon elle, par la transformation du secteur depuis les années 2010.

Les rachats successifs de laboratoires indépendants par de grands groupes privés : Biogroup, Eurofins, Cerballiance, Inovie, Unilabs ou Synlab, auraient conduit à une réduction de la masse salariale « pour répondre aux exigences des fonds d’investissement ».

Les syndicats pointent des effets directs : suppressions de postes, mobilités imposées, intensification du travail et pratiques managériales contestées.

Des perturbations attendues

Le mouvement pourrait entraîner des fermetures partielles ou totales de laboratoires, avec un fonctionnement en service minimum. Des retards sont attendus pour les analyses non urgentes, tandis que les examens critiques devraient être priorisés. Les hôpitaux publics ne sont pas concernés.

Ce conflit intervient après une mobilisation des biologistes à l’automne 2024 contre des baisses de tarifs. Un accord conclu fin 2024 avec l’Assurance maladie a stabilisé les tarifs pour 2025 et 2026, avec des hausses ponctuelles de 1,75 % sur certains actes.

La journée du 4 mai pourrait marquer un tournant. À Lunel comme ailleurs, la capacité du mouvement à s’inscrire dans la durée et elle sera déterminante pour rééquilibrer un rapport de force.

[VIDEO] Isablelle Lamrous :

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