Dominique de Villepin alerte sur un « corridor » ouvert au Rassemblement national

Dominique de Villepin - Photo - DR DDV_X
Dominique de Villepin - Photo - DR DDV_X

La mort de Quentin D. continue de produire un déraillement politique. Dans un long message publié le 19 février, Dominique de Villepin refuse de joindre sa voix à celles qui imputent à La France insoumise une « responsabilité morale » dans la bagarre mortelle avec le militant identitaire, et livre un texte à la hauteur de l’épreuve que traverse le pays. 

L’ancien Premier ministre met en garde contre un « tir croisé » visant le mouvement de gauche. Dominique de Villepin estime qu’il « détourne l’attention du danger principal » et contribue à banaliser l’extrême droite.

De Sébastien Lecornu à Jordan Bardella, en passant par Bruno Retailleau, plusieurs responsables politiques ont ciblé LFI. Emmanuel Macron a, depuis l’Inde, appelé « les partis extrêmes à faire leur ménage », renvoyant dos-à-dos insoumis et RN. Une équivalence que conteste Dominique de Villepin, jugeant « fautif » d’assimiler toutes les radicalités « comme si elles étaient de même nature, de même force, de même danger ».

Pour étayer son propos, il renvoie aux travaux de chercheurs tels que Nicolas Lebourg ou Isabelle Sommier. Cette dernière rappelle qu’en cas de responsabilité avérée de groupes antifascistes, il s’agirait de la première victime attribuée à un groupe de gauche depuis Action directe dans les années 1980. Dominique de Villepin souligne par ailleurs que, sur les cinq dernières années, les violences imputées à l’extrême droite ont causé davantage de victimes.

L’ancien chef du gouvernement inscrit enfin son analyse dans la perspective de 2027. Selon lui, aucun élément ne laisse penser à un risque de bascule vers une gauche radicale, tandis que l’extrême droite est créditée de 35 à 40 % d’intentions de vote et donnée favorite dans plusieurs enquêtes d’opinion. « À force de concentrer les coups sur LFI, on crée un corridor de respectabilité pour le RN », avertit-il, évoquant un risque de normalisation d’un parti régulièrement confronté à des condamnations pour propos racistes ou antisémites.

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