Un jeune militant identitaire de 23 ans qui a participé le 12 février à une attaque contre la venue de Rima Hassan à la fac de Lyon est entre la vie et la mort. Ce terrible drame permet à l’extrême droite de se faire passer pour les martyrs d’une « ultra gauche » présentée comme sauvage et agressive.
La députée européenne Rima Hassan dont la venue a suscité l’incursion du collectif Némésis a pu malgré tout tenir la conférence. Apprenant la nouvelle de ce qui s’était passé aux abords, elle a fait part de son «effroi» . « Pour chacun de mes déplacements, le seul et l’unique service d’ordre avec lequel je collabore et qui m’accompagne est celui de La France insoumise qui n’a jamais recours à la violence et qui n’est en aucun cas impliqué dans ces affrontements », a-t-elle tenu à clarifier dans un tweet alors que l’extrême droite pointe la responsabilité supposée de la Jeune Garde, une organisation antifasciste dont le ministre Darmanin alors ministre de l’Intérieur avait demandé la dissolution.
Rima Hassan estime que « l’enquête doit faire toute la lumière sur les circonstances de ces faits extrêmement graves et inacceptables que je condamne fermement. Les personnes responsables de ces violences doivent rendre des comptes dans les plus brefs délais pour que justice soit faite ». Depuis, le drame tourne en boucle dans les milieux d’extrême droite et sur les médias Bolloré qui voient là l’occasion de diaboliser encore davantage les parlementaires de la France Insoumise et tout·es les antifascistes.
Le média nantais « Contre-attaque » a tenu à rétablir les faits et à dresser la liste des victimes de l’extrême droite. « Le 12 février à Lyon, un groupe de militants et militantes d’extrême droite a attaqué un meeting de Rima Hassan. Comme à chaque fois que les néofascistes s’en prennent à un événement de gauche, la police laisse faire. Elle contraint donc les organisateurs et organisatrices de ces événements à constituer des services d’ordre pour se défendre. La réciproque n’est pas vraie : quand des manifestations s’opposent à des meetings d’extrême droite, l’État déploie d’énormes dispositifs policiers pour les protéger et réprime les mobilisations antifascistes. Toujours est-il qu’à Lyon, inévitablement, une rixe a éclaté, et un militant identitaire est entre la vie et la mort ».
Puisqu’un narratif victimaire est déjà en train de se propager dans les médias, largement porté par Alice Cordier la responsable du Collectif organisateur de l’attaque, présentant les agresseurs comme d’innocentes victimes des «antifas», « il nous faut rappeler que l’extrême droite tue, mutile et terrorise en toute impunité depuis des années » affirme le média qui livre une description « non exhaustive » de crimes racistes et fascistes commis par l’extrême droite depuis 4 ans : au moins 11 morts et 19 blessures graves par balles ou armes blanches lors d’agressions racistes et fascistes depuis 2022. « Aucun n’a fait la Une des médias. Aucun n’a provoqué de polémique nationale ». Un bilan terrible et méconnu de l’écrasante majorité de la population.