Davos, l’arnaqueur américain à l’œuvre : un “bout de glace” contre la “paix mondiale”

La Trump reality à Davos - Photo - DR WEF Davos
La Trump reality à Davos - Photo - DR WEF Davos

Cheveux toujours colorés, visage orange et arrivé en retard, Donald Trump a livré à Davos un discours d’un peu plus d’une heure qui condense l’essence de son logiciel politique. Une mécanique désormais bien rodée : accumuler des affirmations non étayées, se poser en victime des alliances qu’il domine, et réduire des rapports de force internationaux complexes à des slogans grossiers. Le tout emballé dans une posture de chef providentiel censé parler au nom du « monde réel ». Bref ! La « Trump reality » !

Le résultat est politiquement efficace pour son socle électoral, mais factuellement fragile et, surtout, stratégiquement alarmant, d’autant que son « miracle économique » n’est qu’un mantra. Donald Trump affirme que l’inflation américaine serait « défaite » et que la croissance atteindrait un niveau « jamais vu ». Aucun chiffre, aucune source, aucune référence aux indicateurs publics. Rien. Or l’état de l’économie se mesure, se documente et se compare. Ici, l’énoncé tient lieu de preuve. La politique devient récit performatif : dire que tout va bien suffit à le décréter.

L’Europe devenue « méconnaissable »

Quand le président américain décrit une Europe devenue « méconnaissable » sous l’effet d’une « immigration illégale massive », il ne cite ni pays ni données. Il recycle un imaginaire anxiogène à usage interne, projeté devant un parterre de dirigeants européens médusés. L’objectif n’est pas d’analyser, mais de disqualifier un continent présenté comme faible et déclinant, de la « Trump reality » !

Le Groenland, fantasme impérial

Moment cliffhanger du discours : le Groenland. Donald Trump affirme que les États-Unis seraient la seule « grande puissance » capable de le défendre. « Tout ce que je demande, c’est un bout de glace », lâche-t-il, évoquant la « paix mondiale ». Le raisonnement est doublement fallacieux. Le Groenland est un territoire autonome du royaume du Danemark, État membre de l’OTAN, et bénéficie déjà de garanties de sécurité collectives. Le présenter comme « sans défense » revient à nier sciemment le cadre juridique et militaire existant. Derrière la métaphore du glaçon, c’est une logique de prédation assumée qui s’exprime.

Face à cette brutalité, le discours du gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, a fait figure d’avertissement. À Davos, il a exhorté les Européens à « avoir du cran » et à cesser toute complaisance : « La diplomatie avec Donald Trump ? C’est un T. rex. Soit vous vous alliez à lui, soit il vous dévore. » Une formule choc, mais révélatrice du moment politique, ou Trump a pris les Américains en otage.

L’Ukraine, niée par la géographie

En affirmant que la guerre en Ukraine ne concernerait « pas » les États-Unis, Donald Trump balaie des décennies de doctrine stratégique américaine. La sécurité européenne et celle de l’OTAN sont indissociables de l’engagement américain. Prétendre le contraire, au nom d’un « grand et bel océan qui nous sépare. Nous n’avons rien à voir avec ça », revient à renier les fondements mêmes de l’ordre international construit après 1945. L’incohérence atteint son comble lorsqu’il annonce une rencontre à Davos avec Volodymyr Zelensky, alors que celui-ci se trouvait à Kiev.

Le Canada, réduit à une dépendance

Enfin, déclarer que le Canada « existe grâce aux États-Unis » relève d’un révisionnisme historique à peine voilé. Le Canada est un État souverain, membre du G7 et de l’OTAN. Les propos visant son Premier ministre, Mark Carney, s’inscrivent dans une stratégie de mise sous pression permanente, déjà observée lors des menaces répétées d’annexion symbolique.

La « Trump reality » exhibée à Davos relève de l’arnaque intellectuelle, redoutablement efficace sur les esprits faibles et inversement. La dimension tragique est là : l’homme orange s’enferme dans la mécanique d’une fuite en avant permanente. Son passé lui colle aux fesses, lesté des Epstein papers comme une menace constante. Persuadé qu’un avenir toujours plus explosif suffira à faire oublier cette réalité sordide, il piétine sans retenue alliances, équilibres géopolitiques et principes du droit international. Reste une question, pas si brutale : à quand la fessée que mérite Donald ?

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