Municipales 2026 à Montpellier : Michaël Delafosse officialise sa candidature

Michaël Delafosse maire sortant socialiste de Montpellier - Photo - Archives PLURIELLE INFO
Michaël Delafosse maire sortant socialiste de Montpellier - Photo - Archives PLURIELLE INFO

Le maire socialiste Michaël Delafosse a officialisé samedi, sans surprise, sa candidature à un deuxième mandat lors des municipales de mars 2026. L’annonce, faite dans Midi Libre puis relayée par l’AFP, s’inscrit dans une séquence de communication très affûtée, présentant une gouvernance de « transformation » appelé désormais à être « consolidé ».

Michaël Delafosse répond présent ! En étant un peu facétieux, on dirait que les incantations du collectif d’élu·es sortant·es et associé·es, nommé «  Gauche & écologistes rassemblés fièrement ! » auront apparemment réussi.

Reste à examiner ce que recouvre réellement ce récit. Élu en 2020 à l’issue d’une quadrangulaire, Michaël Delafosse bénéficie aujourd’hui d’une position plus confortable. Pour rappel, lors des premiers sondages de l’époque, la figure de proue de « Destins montpelliérains » entre en campagne créditée de 7%. Il aura fallu la fulgurance de la gratuité des transports, la Covid et l’abstention pour espérer entrer dans le carré de tête. Reste à vérifier si les 38% annoncés récemment ne sont pas une simple bulle sondagière. D’autant que 69% des habitant·es de la ville ne savent pas que Les Écologistes ont quitté Michaël Delafosse.

L’absence du mot « socialiste » sur la bannière de ces futur·es colistièr·es en serait un indice . Iels n’ont pas choisi de s’appeler : « Socialistes et divers gauches rassemblés fièrement ! » Iels tentent savamment de capter le vote des écologistes en laissant entendre que la liste Delafosse serait portée par le parti Les Écologistes ce qui n’est pas le cas : ce qui donne cette appellation floue «  Gauche & écologistes rassemblés fièrement ! » où le mot socialiste n’apparaît même pas. Mais qui peut avoir honte à ce point de son parti  ?

Ce contexte de brouillage des pistes explique en partie son statut de favori, davantage que l’adhésion unanime à son bilan. Le maire sortant met en avant deux marqueurs : la gratuité des transports en commun à l’échelle métropolitaine et l’inauguration de la ligne 5 de tramway. Ces réalisations sont incontestables. En revanche, leur présentation comme des succès incontestés occulte plusieurs éléments. La gratuité, si elle fait désormais consensus politique, s’inscrit dans un contexte de forte hausse des investissements et d’un endettement municipal et métropolitain en augmentation, dont les effets à moyen terme restent à surveiller comme le lait sur le feu. La ligne 5, attendue de longue date, relève autant d’un rattrapage de retards accumulés que d’une impulsion nouvelle.

Sur le plan social, Michaël Delafosse reconnaît lui-même que Montpellier demeure confrontée à un niveau de pauvreté élevé, malgré une croissance démographique soutenue. Or, aucun indicateur précis n’est avancé pour mesurer l’impact réel des politiques municipales sur les inégalités, l’accès au logement ou l’emploi. Les annonces de « consolidation écologique et sociale » restent, à ce stade, générales et non chiffrées.

Personne ne souhaite la  « folle campagne» de 2020, telle que définie par les protagonistes eux-mêmes, mais cette élection municipale semble s’annoncer à Montpellier comme une vraie dinguerie. En créant une guerre des mots et du sens, le brouhaha idéologique et le benchmarking politique à la sauce novlange deviennent trop intenses pour éviter un nouveau cirque politique. Tous ces acteurs politiques qui se connaissent depuis des lustres, se trahissent, se rabibochent puis se trahissent à nouveau, rejouent inlassablement la même scène. L’empoigne est permanente, la bagarre ritualisée, comme après le banquet du village d’Astérix, sauf qu’ici, rien n’est fictif : ce sont toujours les mêmes qui sont à table, toujours les mêmes qui retombent sur leurs pieds, et toujours les mêmes, ou leurs descendant·es, qui continuent de diriger les affaires.

2026. Derrière les postures de rupture, les indignations sélectives et les alliances à géométrie variable, le « système frêchiste » reste remarquablement stable : des visages qui changent parfois, des discours qui se durcissent ou s’adoucissent selon le vent, mais un entre-soi politique qui perdure, verrouille le jeu et neutralise toute véritable alternance. Le spectacle donne l’illusion du conflit, alors qu’il organise surtout la reproduction d’un pouvoir confisqué.

La députée LFI Nathalie Oziol qualifie Delafosse de « macroniste local », tandis que Muriel Ressiguier ex-député LFI, lui apporte son soutien, et semble bien avoir négocié sa place dans la liste du socialiste. Face à Delafosse, le scrutin verra notamment le retour de Mohed Altrad, déjà candidat en 2020, ainsi que la présence d’Isabelle Perrein pour le centre droit et de France Jamet pour le Rassemblement national.

Bref ! Pour l’heure, la candidature de Michaël Delafosse relève davantage de la continuité que d’un nouveau projet clairement étayé. Si le rapport de forces lui est favorable au nom de « la prime au sortant », l’annonce repose surtout sur une narration politique valorisant l’action passée, sans apporter, à ce stade, d’éléments permettant d’évaluer les chances de réélection d’un maire fragilisé, autant par ses choix que ceux du parti auquel il appartient.

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