Montpellier : les 12 mesures écologistes actent une rupture nette avec la ligne socialiste de Michaël Delafosse

Montpellier : les 12 mesures écologistes actent une rupture nette avec la ligne socialiste de Michaël Delafosse - Photo - Jean-Philippe Vallespir
Montpellier : les 12 mesures écologistes actent une rupture nette avec la ligne socialiste de Michaël Delafosse - Photo - Jean-Philippe Vallespir

Circulez, il n’y a rien à voir avec la gouvernance PS sortante. Lundi 12 janvier 2026, le chef de file du parti Les Écologistes, Jean-Louis Roumégas a présenté à Montpellier un socle de « 12 mesures » regroupées en trois priorités : changer le modèle urbain, rapprocher l’action publique des quartiers et renforcer la solidarité : un pacte de rupture garanti par sa liste, le « Printemps montpelliérain ».

Au cœur du diagnostic de Jean-Louis Roumégas, trois critiques reviennent : une « croissance sans fin » jugée incompatible avec la qualité de vie, des projets « imposés » selon lui par un cercle restreint, et un mandat marqué par « les travaux plus que l’humain ». Le candidat à la mairie de Montpellier affirme vouloir remettre « le bien-être du quotidien » au centre de la vie des habitant·es, en passant par le logement et l’alimentation, par l’école et par la sécurité, sans oublier le pouvoir d’achat.

Arrêter l’extension urbaine et révision la circulation

Premier marqueur : le « zéro artificialisation nette » appliqué « tout de suite » à l’échelle de la commune-centre. Bien comprendre que l’objectif n’est pas l’arrêt de toute construction, mais la fin de l’extension urbaine et la protection des derniers espaces naturels et agricoles, avec deux sites explicitement cités : la Cité Bergère et le coteau de Malbosc. Jean-Louis Roumégas relie cette orientation aux risques d’inondation et au ruissellement, estimant que l’artificialisation limite l’absorption des pluies.

Sur les mobilités est ciblé le dossier des « 4 boulevards » : « on résout le problème en 2 jours » annonce l’écologiste, réouverture de l’avenue Albert Dubout et mise en place d’une « circulation en pétales » pour réduire le trafic de transit, à l’image de ce qui a été fait autour de l’écusson. Autre engagement : un réseau cyclable « sécurisé, continu et cohérent », présenté comme une réponse aux discontinuités actuelles sans cesse évoquées par les usagers.

Sur les déchets, le message est très simple : arrêt « dès le lendemain de l’élection » du projet d’incinérateur CSR (combustibles solides de récupération) et cap « zéro déchets » via la réduction à la source, le tri et un effort sur les biodéchets.

Une ville de la proximité et de nouveaux outils démocratiques

Deuxième bloc : la proximité, avec un redécoupage des quartiers pour passer d’environ 8 secteurs à « une vingtaine », et la création de « parlements de quartier » élus. La liste annonce aussi un référendum d’initiative citoyenne à l’échelle municipale. L’enjeu revendiqué est de sortir d’une démocratie perçue comme verticale et de redonner prise aux habitant·es sur les décisions locales.

Sur le pouvoir d’achat, le programme propose la mise en place des « épiceries municipales à prix coûtant » : une centrale d’achat publique vendant des produits de première nécessité, locaux ou bio, sans marge, avec tarification sociale.

Côté santé, la promesse porte sur des maisons de santé dans les quartiers déficitaires, avec mise à disposition de locaux et élargissement des horaires. « C’est fou de penser qu’à Montpellier il y a des déserts médicaux », Jean- Louis Roumégas cite en exemple le quartier Petit-Bard.

En matière de sécurité, la liste défend une police municipale de proximité, avec 7 bureaux de quartiers annoncés, une présence de 24 h sur 24 et 7 j sur 7, et le recrutement de 100 policiers municipaux supplémentaires, complétés par des médiateurs.

Solidarité : école gratuite, « ordonnance verte » et jeunesse

Troisième axe : la solidarité. Mesure phare mise en avant : gratuité de la cantine et de l’accueil périscolaire, avec amplitude 7 h – 19 h. En conférence de presse, Jean-Louis Roumégas avance un coût « finançable » pour la ville, en le comparant aux budgets de la gratuité des transports.

Autre proposition : « l’ordonnance verte », avec un panier bio gratuit par semaine pour les femmes enceintes, au nom de la prévention face aux perturbateurs endocriniens.

Sur la jeunesse, la liste met l’accent sur les 11–17 ans, âge jugé insuffisamment pris en charge. Seront mis en place des centres de loisirs pour adolescents, puis un « parcours citoyen » après 17 ans et une formation BAFA gratuite.

Logement : accession après 20 ans dans le parc social et transparence

La conférence a enfin insisté sur le logement. Deux engagements structurent le programme de Jean-Louis Roumégas : anonymisation des dossiers pour l’attribution du logement social, et possibilité d’accession à la propriété après 20 ans en logement social, avec un objectif annoncé de 4 000 rachats sur un mandat. L’équipe présente cette mesure comme un levier de justice sociale et de stabilisation des quartiers, en défendant l’idée que les « propriétaires occupants » sont davantage impliqués dans la vie locale. Le Printemps montpelliérain affirme que les ventes permettraient de reconstituer des fonds propres réinvestis dans la production de nouveaux logements sociaux, tout en encadrant les reventes pour éviter la spéculation.

« On peut tout bétonner et ne pas loger les gens, c’est ce qui se passe aujourd’hui ! » Alors, Priorité absolue pour le candidat écologiste Roumégas : « on veut résoudre le problème du logement réellement pas juste en faisant du béton avec les promoteurs. C’est terminé… » Comment ? Le patron des verts « change de modèle » et détaille une stratégie articulée autour de plusieurs leviers complémentaires. D’abord, geler strictement les terres naturelles et agricoles par la zéro artificialisation nette (ZAN) sur la commune, cité ci-dessus, pour stopper l’extension urbaine. Ensuite, « reconstruire la ville sur elle-même » par la rénovation et le réinvestissement urbain, plutôt que par de nouveaux quartiers. Il insiste sur la nécessité de rompre avec un modèle où l’on bétonne sans loger, en favorisant l’accession sociale à la propriété. Enfin, il plaide pour une réorganisation à l’échelle métropolitaine et territoriale, afin de réduire la pression foncière, couplée à des politiques de transport adaptées, pour traiter le logement comme une question sociale et non comme un marché au service des promoteurs.

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