Municipales 2026 : 69% des Montpelliérain·es ne savent pas que Les Écologistes ont quitté la majorité municipale

Serge Martin rejoint Les Écologistes et le rassemblement du Printemps Montpelliérain - Photo - JPV PLURIELLE INFO
Serge Martin rejoint Les Écologistes et le rassemblement du Printemps Montpelliérain - Photo - JPV PLURIELLE INFO

Un sondage oscille toujours entre une photographie utile et une injonction au vote. Alors que tous les candidat·es ne se sont pas officiellement déclaré·es et que le maire sortant n’est pas encore entré dans le temps du bilan contradictoire, la publication d’un sondage commandé par le Printemps montpelliérain interroge tant il révèle un angle mort central : 69 % des Montpelliérain·es interrogé·es ne savent pas que Les Écologistes (EELV) ont quitté la majorité municipale.

Un sondage qui donne donc un autre sens politique tout en dévoilant une hiérarchie nette, mais fragile. Réalisée par Harris Interactive pour le Printemps montpelliérain, l’enquête a été menée du 5 au 15 décembre auprès de 809 personnes inscrites sur les listes électorales, selon la méthode des quotas. Dans la configuration testée, Michaël Delafosse arrive largement en tête avec 38 % des intentions de vote au premier tour. Il devance Nathalie Oziol à 16 %, Philippe Saurel et le Rassemblement national à 11 %, puis Jean-Louis Roumégas à 7 %.

À la première lecture, l’écart semble considérable. Mais il doit être relativisé avec des marges d’erreur, comprises entre ±2,5 et ±5,3 points selon les scores, et surtout en fonction du contexte politique. Le maire sortant, qui n’a pas encore officiellement déclaré sa candidature, bénéficie mécaniquement d’une forte notoriété institutionnelle, entre inaugurations, coupages de ruban, postures Instagram et surenchère sécuritaire, à ce stade, l’opinion mesurée repose davantage sur une image de fonction que sur une évaluation du bilan.

Le sondage indique d’ailleurs que Delafosse gagne deux points par rapport à celui de novembre dernier, tandis que Roumégas en gagne trois. Des évolutions faibles, compatibles avec de simples ajustements statistiques et non nécessairement avec une dynamique politique structurée.

Angle mort central : l’information politique

Ainsi, le résultat le plus pertinent ne concerne pourtant pas les intentions de vote. Il tient dans un chiffre : 69% des Montpelliérain·es interrogé·es ne savent pas que Les Écologistes (EELV) ont quitté la majorité municipale. Parmi les 31% qui en ont connaissance, seuls 20% identifient le projet de CSR comme motif de cette rupture.

Autrement dit, une large majorité de l’électorat potentiel se prononce dans un paysage politique qu’il perçoit de manière incomplète, voire erronée. Cette donnée interroge directement la solidité des 38% attribués au maire sortant. Que mesure-t-on exactement lorsque l’un des principaux faits politiques du mandat est ignoré par près de 7 électeurs sur 10 ?

La question vaut aussi pour Jean-Louis Roumégas, crédité de 7%. Ce score reflète-t-il un plafond électoral réel ou l’effet d’une information parcellaire, dans un contexte où la rupture entre écologistes et majorité socialiste reste largement méconnue ?

Dans cette mécanique de brouillage, un rôle central est joué par Manu Reynaud, adjoint de Michaël Delafosse, ancien militant écologiste exclu d’EELV, devenu animateur d’un micro-mouvement local baptisé « Écologistes pour Montpellier ». Une construction politique hybride, dont la principale fonction semble moins de clarifier le paysage que d’entretenir l’ambiguïté.

On laissera de côté les polémiques récentes autour de l’usage de matériels estampillés EELV ou les interrogations sur les conditions d’une communication menée à flux tendu, sans mandataire financier. Reste l’essentiel. À force de jouer les passe-plats idéologiques, de recycler le lexique écologiste tout en servant une stratégie socialiste assumée, l’adjoint inventeur du sac à main « de l’inclusion numérique » ou du « jeu de cartes des idées » s’est imposé comme un rouage efficace de la fabrique locale de l’opinion. Ne lui dites surtout pas qu’il est à Delafosse ce que Thierry Teulade fut à Philippe Saurel, un alibi politique commode. Il voit rouge. Normal, car lui est efficace et le résultat est là. Selon le sondage Harris Interactive, 69 % des Montpelliérain·es ignorent que Les Écologistes (EELV) ont quitté la majorité municipale. Une confusion massive, durable, et politiquement utile aux socialistes sortants.

[VIDEO] Interview de Jean-Louis Roumégas tête de liste Les Écologistes à Montpellier :

 

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Une opinion encore largement malléable

Le sondage montre par ailleurs que le projet de chaufferie CSR divise profondément la population : 45 % s’y déclarent opposés, 29 % favorables, et 26 % ne se prononcent pas. Ce quart d’indécis constitue un réservoir politique majeur, susceptible de reconfigurer les rapports de force si l’information et la connaissance du dossier circulaient davantage.

Loin de figer le paysage, le sondage révèle au contraire un électorat encore largement disponible, peu politisé sur les enjeux locaux précis, et sensible aux cadrages médiatiques et militants à venir.

Y a-t-il une bulle sondagière ?

Pris isolément, ce sondage peut donner l’illusion d’une campagne déjà jouée. Pris dans son ensemble, il raconte autre chose : une ville où l’image institutionnelle domine encore le jugement politique, où les lignes de fracture du mandat sont mal identifiées, et où la fabrique de l’opinion précède largement le débat de fond.

Quand la « bulle » peut-elle exploser ? À mesure que le bilan sera mis en discussion, que les candidatures se formaliseront et que les enjeux comme le CSR, l’urbanisme, la sécurité ou la démocratie locale seront davantage débattus. Donc cette photographie de décembre est appelée à se déformer. C’est précisément ce que rappelle la notice méthodologique du sondage elle-même : les intentions de vote « ne peuvent en aucun cas être considérées comme prédictives ». Une prudence que la lecture politique gagnerait à intégrer pleinement, d’autant que Serge Martin et son équipe viennent de rejoindre le Printemps Montpelliérains de Jean-Louis Roumégas.

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