C’est un signal fort. Jean-Louis Roumégas salue la victoire et la mobilisation citoyenne contre la loi Duplomb, une loi au service de l’agrobusiness : « le peuple de l’écologie s’est réveillé ». Un réveil qui a permis de « sortir de l’écolo bashing » et de « reprendre le dialogue avec les agriculteurs. » Le député de l’Hérault revendique aussi une écologie populaire, ancrée dans le quotidien des habitants, en rupture avec la logique des grands travaux qui domine Montpellier.
Suite à l’annonce du rapprochement avec L’Après, c’est désormais Génération·s, fondé par Benoît Hamon, qui rejoint la campagne de Jean-Louis Roumégas. « Nous voulons construire une alternative à gauche sur la base de valeurs écologistes, sociales et féministes », a expliqué Kévin Hoareau de Génération·s. Il tient à rappeler que la participation de son parti à la Nupes puis au Nouveau Front Populaire n’a pas failli. Et c’est vrai, contrairement au PS qui s’était autorisé à rebaptiser en Front Républicain, le Nouveau Front Populaire, comme une annonce des ruptures et trahisons à venir. On comprend que sur la métropole de Montpellier, l’offre s’élargit et se muscle face au maire sortant Michaël Delafosse. Les forces politiques du « Rassemblement pour une alternative écologiste, sociale et citoyenne » en vue des municipales de mars 2026 marquent le terrain. Boris Chenaud a salué l’arrivée de Génération·s dans le rassemblement, en soulignant une cohérence avec les coopérations déjà engagées localement et nationalement, même si on peine à voir les forces militantes réelles que rassemblent ces micro-partis. Il a précisé que L’Après et Génération·s organisent ensemble leurs universités d’été, preuve d’une dynamique commune.
Écologie et quotidien des habitants
La rentrée politique montpelliéraine s’est donc jouée, ce vendredi 29 août à la brasserie Le Dôme, autour d’une conférence de presse commune des Écologistes avec Nordine Maktoubi, Jean-Louis Roumégas, et Coralie Mantion, du mouvement L’Après avec Boris Chenaud et de Génération·s avec Kévin Hoareau.
Jean-Louis Roumégas, candidat à la mairie et figure centrale du dispositif, a insisté sur deux axes : le lien entre écologie et quotidien des habitants, et la nécessité de rompre avec la méthode jugée autoritaire et verticale de Michaël Delafosse. À titre d’exemple et juste pour commencer pourrait-on dire, sa critique a trouvé une illustration dans deux dossiers locaux emblématiques : la ZAC de la Mosson Sud (avec plus de 12 000 avis négatifs lors de l’enquête publique et l’abandon de la clinique Clémentville) et la modification contestée de la circulation des quatre boulevards.
Mais il a aussi longuement insisté sur le contraste qu’il veut incarner. À l’inverse d’une municipalité jugée obsédée par les « grands travaux », lui ne jouera pas à Simcity, il revendique « l’écologie du quotidien » : écoles, crèches, services publics de proximité. Il a pointé le malaise des personnels municipaux, notamment les ATSEM, et accusé l’actuelle majorité de sacrifier l’humain. Selon certains retours en interne au sein de la mairie « ça se passe mal, les élu·es se sont fait huer. »
Écologie municipale et urgence climatique
Le discours s’ancre aussi dans une dynamique nationale : Jean-Louis Roumégas a rappelé les succès des villes conquises par les écologistes en 2020 (Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Tours), dont la gestion est aujourd’hui « plébiscitée par les habitants ». Coralie Mantion a replacé le débat dans l’horizon du dérèglement climatique : canicules record, inondations à venir, artificialisation galopante. « Fermer le robinet de l’urbanisation, c’est radical, mais vital », a-t-elle soutenue, en écho à la contestation du projet de contournement ouest COM et de l’incinérateur CSR.
Citoyenneté au cœur du projet
La conférence a aussi insisté sur la « co-construction » : ouverture d’un local de campagne dès septembre, quatre forums citoyens prévus d’ici décembre, budgets participatifs et référendums locaux. « Il faut redonner du pouvoir aux habitants pendant tout le mandat, pas seulement tous les six ans », a souligné Nordine Maktoubi, porte-parole Les Écologistes. Un événement national sur « écologie et quartiers populaires » est déjà annoncé le 27 septembre à Montpellier, en présence de Marine Tondelier.
L’alliance proposée se distingue très nettement du PS de Delafosse et garde pour l’instant ses distances avec LFI jugée ambiguë localement, notamment sur l’incinérateur CSR. « Nous ne sommes pas là pour servir de force d’appoint », insiste Jean-Louis Roumégas. Diplomate, il ajoute : « le dialogue reste ouvert, on n’est pas que dans l’affrontement… On n’a pas d’ennemis à gauche, mais nous, on veut construire une véritable alternative, » et face à un maire sortant recentré, la stratégie est assumée : « le débat se fera à gauche », résume-t-il.
En affichant une alliance élargie et une méthode participative, le rassemblement écologiste avec Jean-Louis Roumégas espère s’imposer comme la principale force politique et de proposition. Son discours articule urgence climatique, justice sociale et critique de la verticalité du pouvoir local. L’accent mis sur les quartiers populaires et sur la démocratie participative devrait permettre de dépasser l’électorat traditionnel des écologistes. Cette alliance écologiste à Montpellier confirme aussi qu’elle soutiendra la mobilisation du 10 septembre contre le budget Bayrou. Le député écologiste note au passage : « je voterai évidemment contre la confiance à François Bayrou. »
À propos de la crise politique nationale, Boris Chenaud estime que François Bayrou « a eu peur du 10 septembre et de la mobilisation dans la rue », ainsi que des motions de censure qui se préparaient. Selon lui, le Premier ministre a choisi de « préférer sa sortie pour tenter un coup politique », mais « le couperet arrivera quand même, le 8, il tombera ».
