6 Octobre : Syndicats, associations et parents à la rescousse de la jeunesse

Mobilisation interprofessionnelle et intersyndicale contre les mesures budgétaires et les projets d'austérité du gouvernement de Sébastien Lecornu - Photo - JPV / PLURIELLE INFO / Archives 18 septembre 2025
Mobilisation interprofessionnelle et intersyndicale contre les mesures budgétaires et les projets d'austérité du gouvernement de Sébastien Lecornu - Photo - JPV / PLURIELLE INFO / Archives 18 septembre 2025

Échaudés par des années de combats sans résultat et choqués par la réponse répressive du gouvernement à la colère lycéenne, les syndicats, associations, parents d’élèves et des milliers de citoyen·nes se rallient au mouvement lycéen pour le soutenir et le protéger. « Les lycéen·nes et étudiant·es ont des droits, ils et elles ont des revendications, elles doivent être entendues, pas réprimées ! » proclame la Confédération Générale du Travail.

Il semble bien que le slogan « Voilà, tu l’as ta putain de république en marche !», brandi en manif en 2025 alors que les macronistes changeaient le nom de leur mouvement, réapparaisse en force le 6 octobre prochain. Un représentant lycéen n’a-t-il pas annoncé sur France Info pour mardi « l’acte 3 », réminiscence douloureuse d’une autre féroce répression : celle du mouvement des Gilets Jaunes étouffé dans le sang et par le confinement du covid.

2026. Déjà 3 000 arrestations à plus de 80% de mineur·es !  Le pouvoir finissant du macronisme montre une fois de plus son hideux visage, injuste et autoritaire, auquel l’extrême droite a peu à envier.

Le monde de l’éducation soudé par les revendications communes

Qu’ils soient élèves ou personnel éducatif, ces millions d’enfants et d’adultes vivent au quotidien dans les mêmes établissements et subissent les mêmes dégradations de leurs conditions d’enseignement. Ils sont les témoins et victimes de l’abandon de l’école publique qui alimente le marché de l’enseignement privé, aussi sûrement que l’abandon de l’hôpital public fait les profits des cliniques et centres médicaux privés.

C’est pourquoi s’est constituée en un temps record une puissante intersyndicale des personnels de l’Éducation nationale qui réunit FSU, SNEP, SNETAP, SNASUB, CGT, FO, UNSA, SNPTES, SUD Éducation, SUD Recherche, FSE, FAGE, Solidaires étudiant·es, UNEF, Union étudiante. Celle-ci salue l’extension de la mobilisation, partie des lycéen·nes puis rejointe par les étudiant·es dans plusieurs villes : Rennes, Marne-la-Vallée, Lyon, Toulouse, Paris, Besançon, Rouen, Nantes… Dressant un inventaire des difficultés (manque de personnels ; bâtiments vétustes ; groupes de TD trop nombreux ; manque de places dans les formations supérieures ; hausse des droits d’inscription pour les étudiant·es extra-communautaires et projet de hausse pour tous ; sélection via Parcoursup et Mon Master ; coût et insuffisance du logement étudiant ; difficultés liées au « repas à un euro » et aux moyens des CROUS ; blocage ou suppression des APL…), le communiqué qu’elle a publié remet en cause les choix budgétaires et politiques des gouvernements d’Emmanuel Macron, choix que le projet de budget 2027 de Lecornu aggravera encore davantage.

Les syndicats dénoncent tout autant la réponse policière à la mobilisation et s’opposent à toute sanction ou poursuite contre les lycéen·nes et étudiant·es mobilisé·es, au nom du droit de manifester, de se réunir et de s’exprimer. Ils exigent que cela se fasse dans un cadre démocratique, pacifique, libre et serein, de préférence à l’intérieur des établissements. Ils demandent au gouvernement des réponses budgétaires et politiques immédiates aux revendications. Tous ces syndicats appellent personnels et étudiant·es à rejoindre les actions du 6 octobre, y compris par la grève.

Le gouvernement organise et assume cette escalade de la violence

Au-delà de ces personnels du secteur de l’éducation, c’est toute la CGT qui accuse le gouvernement de répondre par la violence aux légitimes revendications des lycéens. La confédération estime à 3 000 le nombre de lycéen·nes et étudiant·es interpellés depuis le début de la mobilisation et à 170 le nombre de blessés parmi les lycéen·nes ainsi que des personnels.

« Le gouvernement assume l’escalade répressive et cherche à museler la contestation, allant jusqu’à demander aux parquets de faire preuve de fermeté à l’égard des parent·es des lycéen·nes mobilisé·es. Cette répression est d’une ampleur sans précédent« . Pour la CGT, le gouvernement ne se contente pas de laisser faire : « il organise et assume cette escalade ». La confédération a saisi, avec la Ligue des droits de l’Homme et la FCPE, le Défenseur des droits pour l’alerter sur cette violente répression et lui demander de veiller au respect des droits et libertés des lycéen·nes et étudiant·es mobilisé·es.

Comme elle a déjà commencé à le faire devant certains établissements, la CGT annonce qu’elle sera le 6 octobre aux côtés des lycéen·nes, étudiant·es et personnels de l’éducation mobilisé·es. Elle a déposé un préavis de grève permettant à tout·e salarié·e de se joindre aux manifestations et appelle toutes ses organisations à protéger le droit des lycéen·nes et étudiant·es à se mobiliser, et à mettre à leur disposition les moyens nécessaires pour s’organiser, « notamment en ouvrant les bourses du travail et les maisons du peuple pour leur permettre de se réunir, en sécurisant les mobilisations et en déposant les demandes d’autorisation en lien avec les organisations lycéennes et étudiantes« .

De leur côté, les insoumis·es appellent à accompagner, soutenir et protéger les lycéen·nes en se munissant d’un brassard blanc en signe de refus de la violence, d’où qu’elle vienne. Mardi, c’est une nouvelle république qui se met en marche derrière sa jeunesse pour défendre jusqu’au bout ses droits à l’éducation, à la dignité, à la sécurité et à la liberté de l’exprimer, un droit à un avenir, tout simplement.

PUB...

MÉTÉO

🌤️
Météo locale
Localisation en cours...
--°C Chargement...
Ressenti : --°C Vent : -- km/h Humidité : --%
Données météo : Open-Meteo. La position reste traitée dans votre navigateur.

SÉLECTION DE LA RÉDACTION

Des zombies politiques à la rescousse des dominants

INSCRIPTION NEWSLETTER

Trains : LNMP, la ligne de tous les danger ?